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Le Syndicat des journalistes boycotte le processus de constitution de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (communiqué)

Au Syndicat des journalistes mauritaniens, nous avons suivi avec une grande attention la réforme de la presse annoncée par les hautes autorités du pays il y a trois ans. Nous l’avons accompagnée avec intérêt et avons placé en elle de grands espoirs. Le secteur avait commencé à en recueillir certains fruits et en attendait davantage.

Cependant, le choix des représentants de la presse dans la nouvelle composition, après la promulgation de la loi portant restructuration de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), a constitué pour nous une grande déception. Le département de tutelle nous avait invités à désigner deux personnes pour y siéger avant ce vendredi à midi.

Malgré son importance et son rôle central dans la réforme, cette étape n’a pas permis la pratique de la concertation entre les acteurs des médias, notamment les organisations sérieuses comme la nôtre, qui applique l’alternance, rassemble des centaines de membres de la presse et accueille de nombreuses organisations journalistiques.

Le Bureau exécutif a tenu hier jeudi à la mi-journée une réunion extraordinaire consacrée à l’examen de cette évolution et à la réponse à la lettre du département de tutelle. Après un débat approfondi, il a adopté à l’unanimité les décisions suivantes :

- Décider le boycott par le Syndicat de cette composition dans les circonstances actuelles, pour les raisons exposées ci-dessus.

- Considérer ce processus comme un recul sur la voie de la réforme. Selon le Bureau, il ne contribue pas à lutter contre la dilution des exigences professionnelles : associer toute personne disposant d’une autorisation ou d’une déclaration dans le secteur revient à repartir de zéro et ne reflète pas véritablement les dimensions et les objectifs de la réforme.

Tout en respectant le principe de liberté syndicale en vigueur dans le pays, le Bureau estime que celui-ci ne justifie ni l’absence de critères ni le désordre. Les effets négatifs seraient importants pour l’ensemble du secteur et pour l’image du pays, en mêlant des acteurs de qualités très différentes et en brouillant la participation des véritables professionnels à la réforme attendue.

- Demander un réexamen de ce processus et son retour sur la voie d’une véritable réforme, sans faire perdre cette occasion aux journalistes mauritaniens ni au pays, qui ont déjà perdu bien assez d’occasions.

 

Le Bureau exécutif du Syndicat des journalistes mauritaniens