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Le Syndicat des journalistes appelle à réviser la loi sur le soutien à la presse indépendante

Le Syndicat des journalistes mauritaniens a appelé à réviser la loi créant le fonds de soutien à la presse indépendante, estimant qu’il fallait le sortir de sa « situation catastrophique ».

Dans son communiqué, le Syndicat a affirmé que le fonctionnement du fonds « a considérablement dévié, au point que le silence n’est plus acceptable. Sa gestion est devenue une situation de nihilisme et de laisser-aller, entraînant son échec et l’absence des résultats attendus, pour en faire un simple instrument de gaspillage et de dispersion des deniers publics, de manière suspecte ».

Texte du communiqué :

Le Syndicat des journalistes mauritaniens a été surpris par une note de presse du comité de gestion du fonds de soutien public annonçant que 111 journaux, 255 sites électroniques et 28 organisations de presse en bénéficiaient. Nous avons alors pris contact avec le président du comité de gestion du fonds

et lui avons demandé de publier le procès-verbal détaillé du comité, accompagné de la liste des sièges et de leurs adresses, des autorisations d’exercice, des noms et directions des journaux, sites, chaînes et radios, ainsi que des listes des organisations, de leurs membres, de leurs autorisations et des dates de leurs congrès. Il s’agissait de vérifier l’exactitude des informations, leur éligibilité légale au soutien public et le respect des critères de notation ayant fondé la répartition. Nous avons également demandé ce qu’étaient devenues les sommes destinées à la formation professionnelle des journalistes prévues dans la loi créant le fonds. Cette demande, comme les autres présentées depuis près de deux semaines, est restée sans réponse.

 Après neuf années de distribution du soutien public à la presse, qui constitue des deniers publics devant être protégés et affectés aux objectifs définis en toute intégrité et transparence, la gestion a tellement dévié qu’il n’est plus acceptable de se taire. Elle est devenue une situation de nihilisme et de laisser-aller, entraînant l’échec du fonds et l’absence des résultats attendus, pour en faire un simple instrument de gaspillage et de dispersion des deniers publics, de manière suspecte.

Nous, au Syndicat des journalistes mauritaniens, qui avions initialement porté la revendication d’un fonds public pour soutenir d’abord la presse écrite, puis la presse électronique, appelons le gouvernement à décider d’urgence de réviser la loi créant le fonds pour le sortir de sa situation catastrophique.

Nous annonçons aux journalistes, aux entreprises de presse et à l’opinion publique notre refus du sort réservé aux ressources du fonds. Pour davantage de transparence, nous demanderons aux autorités compétentes d’enquêter sur la gestion des recettes du fonds pour 2019, leur conformité aux critères et l’éligibilité des bénéficiaires en matière d’autorisations et de conditions institutionnelles. Nous appelons la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel, tutelle du fonds, à assumer pleinement ses responsabilités et à publier le procès-verbal du comité dans tous ses détails.

 Le Bureau exécutif